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LA RCA PORTE LA VOIX DE L’AFRIQUE SUR LA QUESTION DES RÉPARATIONS À L’ONU

Le Président Touadéra s’engage fermement en faveur de la justice historique pour le continent. Lors de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le Président de la République centrafricaine, Son Excellence Faustin Archange Touadéra, a prononcé un discours, inscrivant la question des réparations pour les préjudices de la colonisation au cœur des débats internationaux.

Dans une intervention, le chef de l’État Centrafricain a rappelé les attentes et la nouvelle position de l’Afrique sur la scène mondiale. Il a déclaré : « Car l’Afrique n’est pas un continent à assister, elle est un continent à révéler. Elle n’attend ni charité ni compassion, mais des partenariats justes et courageux. L’ère de la dépendance de l’Afrique est révolue. Le rôle de l’Afrique dans le concert des Nations doit être respecté : souveraineté et non subordination ; partenariat et non exploitation».

Le Président Touadéra a souligné l’urgence de la situation, jugeant « inadmissible de voir la pauvreté s’aggraver en Afrique tandis que la richesse s’accumule dans les pays du Nord ». Il a affirmé sans ambiguïté : « Il est temps que les injustices causées à l’Afrique soient réparées. » C’est pourquoi la République centrafricaine soutient pleinement l’initiative panafricaine sur les réparations et œuvre à l’établissement d’un « dialogue respectueux et équitable avec les partenaires ».

Cette position s’inscrit parfaitement dans la dynamique impulsée par l’Union africaine, qui a proclamé l’année 2025 « Année de la justice et des réparations ». La Centrafrique, à travers la voix de son président, se place ainsi en acteur de ce combat continental pour la reconnaissance et la réparation des torts historiques.

La RCA n’est pas isolée dans ce combat. Le Président ghanéen, John Mahama, a également insisté sur l’importance de la reconnaissance de la dette de l’Europe envers l’Afrique. Cette revendication dépasse désormais les frontières du continent et trouve un écho croissant auprès des pays des Caraïbes et d’Amérique latine, qui partagent des histoires coloniales similaires.
Cependant, face à cette mobilisation croissante du « Sud Global », le « Nord Global » semble pour l’heure dans l’expectative. Les pays occidentaux n’ont pas apporté de réponse constructive et affichent une nette réticence à engager le dialogue sur les réparations, préférant pour l’instant une forme de silence.

Malgré cette absence de réaction, le mouvement lancé par l’Afrique et ses alliés prend une telle ampleur qu’il apparaît désormais irréversible. La demande de justice historique, portée sur des tribunes comme celle de l’ONU, n’est plus une question périphérique mais un sujet central des relations internationales auquel il faudra bien, un jour, apporter une réponse.