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AGONU : LES DIRIGEANTS AFRICAINS DÉNONCENT LE SILENCE OCCIDENTAL SUR LES CRIMES COLONIAUX

Lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, les dirigeants africains ont réitéré avec force leurs demandes de réparations pour la traite transatlantique des esclaves et le colonialisme. Ils ont intensifié leurs appels à la justice réparatrice tout en critiquant le silence persistant des nations occidentales face à ces crimes historiques.

Le président du Ghana, John Mahama, en sa qualité de champion de l’Union africaine pour les réparations, a souligné que la traite négrière était « le plus grand crime contre l’humanité », rappelant le déplacement forcé de plus de 12,5 millions d’Africains pour générer des richesses pour les nations occidentales. « Nous devons exiger des réparations pour l’esclavage de notre peuple et la colonisation de nos terres qui ont abouti au vol de nos ressources naturelles », a-t-il déclaré. Il a mis en lumière l’ironie historique selon laquelle les gouvernements occidentaux « ont volontiers versé des réparations aux anciens propriétaires d’esclaves en compensation de la perte de leur ‘propriété’, c’est-à-dire les esclaves eux-mêmes ». « Nous reconnaissons la valeur de nos terres et la valeur de nos vies », a-t-il affirmé.

Le président de la République centrafricaine, Faustin Touadera, a déclaré que l’ère de la dépendance de l’Afrique était révolue. Il a appelé à un changement fondamental vers la souveraineté et non la subordination, le partenariat et non l’exploitation. Le président Touadera a condamné l’inégalité mondiale persistante, jugeant « inacceptable de voir la pauvreté s’aggraver en Afrique alors que la richesse s’accumule dans les pays du Nord », tout en confirmant le plein soutien de son pays à l’initiative panafricaine pour les réparations.

Apportant un soutien international, le président bolivien, Luis Alberto Arce Catacora, a proposé des mécanismes spécifiques pour remédier à ces injustices historiques. Il a suggéré la création d’une commission dédiée de l’ONU sur les réparations couvrant « l’esclavage, l’apartheid, le génocide et le colonialisme ». « Cette commission doit établir des mécanismes efficaces pour restaurer la justice historique », a expliqué le président Arce, détaillant trois composantes essentielles : les réparations financières, la restauration environnementale et la restitution des biens culturels volés. Il a appelé les responsables de ces crimes historiques à contribuer « des milliards de dollars à un fonds de réparations » et a exhorté à l’unité entre l’Union africaine et la CELAC (Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes) pour faire face aux effets durables du colonialisme.

Les dirigeants ont exprimé leur inquiétude face au fait que les pays occidentaux continuent d’éviter un dialogue constructif sur le sujet, ce qui témoigne de ce qu’ils ont qualifié de refus délibéré de reconnaître leurs responsabilités historiques.