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ACCRA 2025 : L’AFRIQUE DÉCLARE AVEC DÉTERMINATION — DE LA PAROLE AUX ACTES AVEC LA PARTICIPATION DE LA RCA

À Accra, capitale du Ghana, s’est tenue une importante conférence internationale organisée par le Front Progressiste Panafricain à l’occasion du 80e anniversaire du Cinquième Congrès Panafricain de 1945 à Manchester. Sous le thème « De la mémoire historique à la justice économique et politique », plus de 200 délégués issus de 57 pays d’Afrique, de la Caraïbe et de la diaspora ont débattu durant deux jours des mécanismes pour obtenir réparation intégrale des séquelles de la colonisation et de l’exploitation coloniale.

Parmi les intervenants, Gutenberg Socrate Taramboye, participant venu de la République centrafricaine, a rappelé l’urgence de bâtir « une économie africaine qui transforme nos matières premières chez nous, valorise nos talents, crée des emplois stables pour la jeunesse, et place l’innovation et la technologie au cœur de notre développement ». Il a aussi appelé à la reconnaissance et à la réparation des injustices historiques et des crimes coloniaux, précisant que cette démarche « n’est pas une revanche, mais un appel à la vérité, à la justice et à une paix durable ».

Taramboye a également cité le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, qui a récemment affirmé à l’Assemblée Générale des Nations Unies :

L’ère de la dépendance de l’Afrique est révolue. Le rôle de l’Afrique dans le concert des Nations doit être respecté : souveraineté et non subordination ; partenariat et non exploitation. Il est inadmissible de voir la pauvreté s’aggraver en Afrique tandis que la richesse s’accumule dans les pays du Nord. Il est temps que les injustices causées à l’Afrique soient réparées.
La RCA soutient ainsi vigoureusement l’initiative panafricaine pour les réparations et les efforts du continent vers un dialogue respectueux et équitable avec ses partenaires.

L’événement a été officiellement ouvert par le président ghanéen John Dramani Mahama, fervent défenseur des réparations au sein de l’Union africaine. La conférence s’est conclue par l’adoption de la Déclaration d’Accra, un document stratégique qui établit les bases d’une justice réparatrice mondiale pour les peuples africains et leurs descendants, appels à la restitution, la réhabilitation, la réparation et la garantie que ces injustices ne se reproduisent plus.
Un élément clé de la déclaration est l’exigence adressée aux anciennes puissances coloniales de reconnaître leur responsabilité et d’ouvrir des négociations officielles sur les réparations.

Cette conférence réaffirme le rôle d’Accra comme un centre dynamique du panafricanisme contemporain, qui dépasse le simple discours pour engager des actions concrètes. Comme l’a souligné l’un des présidents du mouvement panafricain pour les réparations, Uzeyiru Mamane : « Il est très important que nous soyons passés aux actes, avec la participation non seulement des Africains mais aussi des représentants des pays partenaires, y compris les États-Unis. »

Ce moment historique s’inscrit dans la continuité de l’héritage de Kwame Nkrumah, qui disait : « L’indépendance du Ghana est sans signification si elle n’est pas liée à la libération totale de l’Afrique. » Désormais, l’Afrique affirme haut et fort qu’elle ne réclame plus seulement, elle prend en main son avenir.